jeudi, 21 septembre, 2017

First Draft : réseaux sociaux et titres de presse s’engagent contre les fausses informations

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Plusieurs dizaines d’entreprises de médias ou de réseaux sociaux viennent de s’associer dans un grand réseau dont l’objectif est de lutter contre les fausses informations. Ces acteurs ambitionnent d’accorder leurs violons sur cette vaste thématique, tout en fournissant des formations et des conseils.

Les réseaux sociaux ont changé la manière dont l’information est consommée, au moins en partie. Les utilisateurs sont devenus eux-mêmes des relais d’actualités. La dimension sociale, qui prend aussi en compte la réaction émotionnelle et parfois le désir de faire parler de soi, a ouvert la voie à une certaine course à l’information la plus visible. Qui n’est pas toujours la plus pertinente.

Les fausses informations circulent abondamment, alimentées par plusieurs phénomènes. On trouve bien sûr celles fabriquées de toute pièce, pour les raisons exposées précédemment, ou encore des informations qui étaient initialement véridiques, mais ont été déformées ou mal comprises, puis diffusées sans vérification. Au-delà des réseaux sociaux, les rumeurs enflent puis explosent en plein vol sur de nombreux sites, comme en témoigne la récente histoire du bus chinois capable de passer au-dessus de la circulation routière. Dirty Biology a d’ailleurs publié une vidéo sur le problème des articles scientifiques publiés dans la presse. On lira également le billet de Yann Guégan sur les histoires qui perduent sur certains sites alors même qu’elles se sont révélées fausses.

Le First Draft Partner Network pour lutter contre les « fake news »

Pour contrer ce phénomène, la First Draft Coalition a été créée en juin 2015. Bellingcat, Dig Deeper Media, Emergent, Storyful, Reportedly, Meedan, Verification Junkie et Eyewitness Media Hub en étaient les membres fondateurs, soutenus par Google à travers son News Lab. Depuis plus d’un an, ce groupe publiait déjà régulièrement des billets de blog, des études de cas ou encore différents contenus visant à s’entrainer à la détection des faux contenus.

La Coalition est passée hier à l’étape supérieure, avec l’annonce du First Draft Partner Network. Plus d’une trentaine d’entreprises de tous bords ont annoncé leur participation. On trouve des organes de presse tels que le New York Times, le Washington Post, l’AFP, Les Décodeurs (Le Monde), France Info, proPublica, The Telegraph ou encore l’American Press Institute, des chaines de télévision comme CNN et Channel 4 ou encore des réseaux médiatiques tels qu’Aljazeera Media Network ou l’Eurovision News Exchange.

First Draft Partner Network FDPN

Facebook et Twitter en première ligne

Surtout, on trouve dans le lot Facebook, Twitter et YouTube, trois acteurs largement impliqués aujourd’hui dans la diffusion des informations. Dans le communiqué de presse de l’annonce, on peut lire ainsi que « Google, Facebook, Twitter, YouTube, Instagram et Periscope sont désormais centraux dans la manière dont les nouvelles sont découvertes, rapportées et diffusées ».

Une boucle sera mise en place pour collecter des retours, permettant aux « représentants des réseaux sociaux de se mettre en relation avec des journalistes », pour « développer des idées sur les manières dont le processus de vérification pourrait être rendu plus fluide, améliorer l’expérience de surveillance » et surtout augmenter le niveau de qualité pour les utilisateurs de réseaux sociaux.

Jenni Sargent, l’une des responsables du réseau, ajoute que le FDPN est dans « une position unique pour coordonner les efforts et faciliter de réels progrès dans la confrontation avec certains défis clés que rencontrent les journalistes et leur audience ».

Un engagement visible, des résultats à surveiller

La présence de Facebook est particulièrement importante. Le Graph, c’est-à-dire l’algorithme présidant à la composition du flux, a été retouché à de multiples reprises, prenant en compte les contenus partagés par les proches, le nombre de partages, le temps de lecture nécessité, sans parler des vidéos. Il y a environ deux ans, Facebook ouvrait déjà un premier front dans les contenus dits « clickbait » afin de lutter contre les titres racoleurs.

En août dernier, l’éditeur annonçant un renforcement de cette lutte, notamment à travers une analyse des titres, en plus du simple temps qui sépare l’ouverture d’un contenu et son départ. Nous regrettions alors que ce mouvement se focalise sur les titres et pas sur les contenus, ce genre de mesure pouvant facilement provoquer une adaptation. La question est donc de savoir si sa participation au FDPN aura une réelle influence sur les contenus partagés. L’interrogation est la même pour Twitter, royaume du partage des réactions à chaud et des informations non vérifiées.

Au cours des prochains mois, le réseau publiera de nombreuses ressources visant à améliorer la détection des faux contenus et leur qualité globale. Elles seront librement accessibles aux internautes.

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