dimanche, 23 juillet, 2017

Tests antipollution : comment Volkswagen a triché à l’aide d’un algorithme

Tricherie… Scandale mondial… Milliards de dollars… L’affaire du logiciel trompeur de Volkswagen prend une dimension planétaire. Mais comment fonctionne-t-il ? Efficace, cet algorithme permettait aux véhicules diesel de passer sans encombre les contrôles de pollution aux États-Unis alors qu’en conditions réelles, les émissions d’oxydes d’azote sont quarante fois supérieures à la limite admise. En fait, ce logiciel est initialement indispensable pour que l’informatique de bord tolère le banc de test. Il a juste été un peu modifié…

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À quelques semaines du début de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques à Paris, la fameuse COP 21, l’affaire tombe au plus mal pour Volkswagen et va peut-être rejaillir sur d’autres constructeurs automobiles. Le groupe allemand vient d’admettre qu’il avait délibérément faussé les tests antipollution pratiqués aux États-Unis par l’Agence Fédérale de Protection de l’Environnement (EPA) pour mesurer le niveau d’émission de gaz polluants des véhicules à moteur.

La tricherie s’opérait grâce à un logiciel capable de détecter la procédure de test antipollution et d’activer les contrôles d’émission de gaz pour se conformer aux normes en vigueur. Comme l’explique l’association de consommateurs Consumer Report, les voitures munies de cet algorithme disposaient d’un « mode route » et d’un « mode test ». Ce dernier est utilisé lors des contrôles d’émissions polluantes et de consommation qui s’effectuent sur des bancs de roulage où seules les roues motrices sont en mouvement. Cette situation devrait créer une alerte pour l’informatique du bord. En effet, les systèmes d’assistance à la conduite de la voiture interprètent cette situation comme dangereuse et pourraient activer les contrôles de traction et de stabilité.

D’où la présence d’un mode test pour que la procédure de contrôle puisse se dérouler sans encombre. Volkswagen n’est pas le seul constructeur à recourir à cette technique. Mais il se trouve que ce mode test a été configuré pour produire des résultats qui n’ont rien à voir avec l’utilisation en conditions réelles. Sur le banc de test, les voitures équipées de ce logiciel trompeur sont dans les clous des normes antipollution. Mais une fois sur la route, les émissions d’oxydes d’azote (NOx) atteignent quarante fois la norme. La supercherie a été découverte grâce aux travaux de chercheurs de l’université de Virginie Occidentale qui ont collaboré avec l’ONG International Council on Clean Transportation (ICCT).

Onze millions de véhicules sont concernés

« L’efficacité des systèmes de contrôle des émissions polluantes de ces véhicules étaient grandement réduite dans les situations de conduite normales » souligne l’EPA dans son communiqué de presse. Martin Winterkorn, le PDG du groupe Volkswagen a reconnu les faits, présenté ses excuses et assuré que l’entreprise coopérera pleinement avec les autorités. Aux États-Unis, la découverte concerne 482.000 voitures produites entre 2009 et 2015 parmi lesquelles des modèles très populaires comme l’Audi A3 (sacrée voiture verte de l’année 2010 par la revue américaine Green Car…), la Golf ou encore la Passat. Mais le groupe Volkswagen a par la suite révélé que le logiciel était utilisé sur tous les véhicules équipés d’un moteur type EA189, soit 11 millions d’exemplaires à travers le monde ! « Pour la majorité de ces moteurs, le logiciel n’a aucun effet », assure Volkswagen dans son communiqué. Vraiment ?

Le constructeur automobile allemand est sous le coup d’une enquête pénale aux États-Unis pour avoir enfreint au moins deux dispositions de la loi Clean Air Act. Il risque une amende qui pourrait aller jusqu’à 18 milliards de dollars (16 milliards d’euros). L’entreprise dit avoir déjà provisionné 6,5 milliards d’euros pour couvrir les conséquences financières de cette affaire. Désormais, de forts soupçons pèsent sur les pratiques de la firme dans le reste du monde, mais également sur l’ensemble des constructeurs automobiles. Volkswagen est-il vraiment le seul à employer ce genre de méthode ?

L’Allemagne, la France, l’Italie mais aussi la Corée du Sud ont déjà lancé ou réclamé une enquête. Le ministre des Finances Michel Sapin, soutenu par les constructeurs automobiles français, a estimé qu’une investigation à l’échelle européenne couvrant tous les fabricants était nécessaire. L’affaire ne fait que commencer…

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